Newsletter du 20-5-2003
Programme du jour
Grand Théâtre Lumière
Dates Horaires Titre  Réalisateur(s)  Catégorie  Durée
Mardi 20 16:30 TIRESIA Bertrand BONELLO En compétition 118.00
Mardi 20 19:30 LE TEMPS DU LOUP Michael HANEKE Hors compétition 113.00
Mardi 20 22:30 AKARUI MIRAI Kiyoshi KUROSAWA En compétition 92.00

Salle Buñuel
Dates Horaires Titre  Réalisateur(s)  Catégorie  Durée
Mardi 20 17:00 LESTER JAMES PERIES, CINEASTE D'UN AUTRE TEMPS Julien PLANTUREUX Hors compétition 52.00
Mardi 20 19:00 8 1/2 Federico FELLINI Rétrospective 144.00
Mardi 20 22:00 L'ÉPOUVANTAIL Jerry SCHATZBERG Copie restaurée 115.00

Salle de presse
Dates Horaires Titre  Réalisateur(s)  Catégorie  Durée
Mardi 20 12:30 AKARUI MIRAI Kiyoshi KUROSAWA En compétition 92.00
Mardi 20 15:00 TIRESIA Bertrand BONELLO En compétition 118.00

Théâtre Claude Debussy
Dates Horaires Titre  Réalisateur(s)  Catégorie  Durée
Mardi 20 15:00 LA MEILLEURE JEUNESSE Marco Tullio GIORDANA Un certain regard 366.00
Mardi 20 22:00 STORMY WEATHER Solveig ANSPACH Un certain regard 95.00
Actualités du jour
Flashback du lundi 19 mai
L'événement de ce lundi 19 mai, c'était le grand retour de Lars von Trier (en camping-car, comme à son habitude !) sur la Croisette. Le cinéaste danois, déjà invité par six fois au Festival (et récompensé à cinq reprises, dont l'inoubliable Palme d'Or de Dancer in the dark en 2000), est venu présenter Dogville en compétition. Cette fable humaine conceptuelle (tournée dans un décor unique) centrée sur le destin de Grace, nouvelle venue dans la petite bourgade de Dogville durant les années vingt, a bénéficié d'une montée des marches des plus glamours, emmenée par une Nicole Kidman rayonnante. L'Américaine, Oscar de la Meilleure actrice cette année pour Les Heures, offre ici une nouvelle grande performance de comédienne.
Second film en compétition ce jour, Carandiru du Brésilien Hector Babenco, ancien membre du jury (1989) déjà venu présenter Le Baiser de la femme-araignée et Coeur allumé en 1985 et 1998. Ou l'histoire vraie d'une mutinerie survenue en 1991 dans une prison de Sao Paulo, réprimée dans le sang par les forces de l'ordre (111 morts). Poignant.
Egalement au programme, trois films de la section "Un Certain Regard". Porté par la Française Elodie Bouchez, le drame Stormy weather de la cinéaste islandaise Solveig Anspach (membre du Jury Caméra d'or en 2000) se penche sur la relation intense qui se noue entre une jeune docteur en psychiatrie et une patiente renfermée sur elle-même. Avec Toni Colette en vedette, Japanese Story de Sue Brooks se focalise sur la rencontre entre une géologue australienne et un homme d'affaires japonais. Enfin, Struggle, premier film de l'Autrichienne Ruth Mader, se veut le témoin de la lutte pour la (sur)vie dans la société moderne.
Cette journée cannoise était aussi placée sous le signe des jeunes talents. Organisée depuis 1994 à l'initiative de l'Adami, cette manifestation assure la promotion de 35 apprentis-comédiens à travers la présentation ce 19 mai d'un programme de quinze courts métrages réalisés par Laetitia Colombani, Zabou Breitman, Marina De Van, Francis Perrin et Laurence Côte sur le thème "Parlez-moi avec amour". Les festivaliers pourront profiter de plusieurs séances de rattrapage pendant toute la durée du Festival, les courts étant projetés en avant-programme des films de l'ACID.
La journée a été conclue par l'impressionnante montée des marches de Dogville. Lars von Trier et ses comédiens Nicole Kidman, Stellan Skarsgard et Jean-Marc Barr étaient ainsi entourés, entre autres, de David Carradine (Kill Bill de Quentin Tarantino), Michael Madsen, Adrien Brody et du mannequin Eva Herzigova.

Au coeur de Carandiru
Nouvelles fusillades sur la Croisette. Vingt-quatre heures après Elephant de Gus Van Sant, c'est sur un drame d'une toute autre nature que s'est concentrée la compétition officielle avec Carandiru d'Hector Babenco (déjà à Cannes en 1985 avec Le Baiser de la femme araignée, lauréat de l'Oscar du Meilleur acteur en 1986, puis en 1998 avec Coeur allumé ). Celui de Carandiru, plus grande prison d'Amérique latine avec plus de 7000 détenus, située à Sao Paulo et dont l'insurrection a été matée dans le sang en octobre 1992.
S'inspirant du livre de Drauzio Varella, médecin de la prison au moment du drame, Hector Babenco plonge au coeur de l'établissement pénitentiaire et par-là même du drame. Car le réalisateur n'hésite pas à passer deux heures pleines pour décrire le quotidien des détenus, dans ses aspects les plus sordides comme dans ses (rares) moments de dignité humaine. Subtile façon de rapprocher le spectateur des prisonniers, traités et considérés non plus comme des numéros abstraits mais comme des êtres à part entière avec leurs histoires, leurs peines et leurs haines.
La terrible répression de la police brésilienne (111 morts), qui occupe l'entièreté de la dernière demi-heure du film, n'en apparaît que plus insupportable et révoltante. Le danger du parti pris n'est pas loin, heureusement balayé par une citation finale emplie de sagesse et de dignité.

Nicole Kidman, la passionnée
"Que le concept du film marche ou ne marche pas, l'important pour moi était de dire : "OK, je veux parcourir ce chemin avec toi car j'ai beaucoup d'admiration pour toi, je crois en ce que tu crois". Notre relation avec Lars était très bonne. Le premier jour de répétitions était dur. Deux personnes devaient se découvrir. Puis, un jour, nous nous sommes promenés dans la forêt tous les deux et nous en sommes sortis avec un vrai engagement l'un pour l'autre. Je veux faire partie de la vie de Lars Von Trier, de sa vie créatrice.
J'ai aimé l'isolation. Nous avons tourné au milieu de l'hiver. J'ai aimé la sensation d'être perdue dans le processus de création. Je crois que ce que je cherche, ce sont des projets qui m'ouvrent à différentes cultures, à différentes idées. Je veux pouvoir mettre mon poids dans les projets des réalisateurs qui m'intéresse. Je ne ferai sans doute pas cela toute ma vie. Si je retombe amoureuse, je sais que j'arrêterai sans doute de tourner car je voudrais me poser. Je ne ferai pas ça d'une façon brutale. Mais c'est une façon de vivre qui vous consume"

Conte de la méchanceté humaine
Lars Von Trier, septième. Déjà récompensé à cinq reprises, lauréat du Grand Prix en 1996 avec Breaking the waves, Palme d'or 2000 avec Dancer in the dark, le cinéaste danois revient sur la Croisette pour la septième fois. A nouveau, son oeuvre promet de diviser, de soulever montagnes de louanges et de critiques. Voici donc Dogville, premier volet de la trilogie "USA" (en l'occurrence le "U"), initiée par Lars Von Trier à partir de la chanson Pirate Jenny entendue dans L'Opéra de quat'sous de Bertold Brecht. Voici donc Grace, frêle et belle jeune femme au passé mystérieux, débarquée dans la petite ville de Dogville située dans les Rocheuses. Une communauté fermée où elle devra se faire accepter.
Une fois encore, Lars Von Trier bouscule le langage cinématographique. Tourné en un seul décor unique, un grand hangar où rues et maisons sont figurées par autant de marques blanches sur le sol, Dogville est ambitieux, exigeant, déconcertant, dépassant le danger du théâtre filmé grâce à sa rigueur et sa profondeur. Par son apparente austérité matérielle, le film pousse ses acteurs à un étrange jeu de mimes pour figurer les gestes de tous les jours. Comme d'habitude filmés au plus près par la caméra de Lars Von Trier, dominés par Nicole Kidman une nouvelle fois éclatante de profondeur et de fragilité assistée par d'impressionnants seconds rôles tels que Stellan Skarsgard, Paul Bettany ou Patrica Clarkson, ceux-ci dévoilent leur propre vulnérabilité et atteignent par-là même une sorte d'universalité.
Car c'est bien un conte que Lars Von Trier nous dicte à travers par la voix profonde de John Hurt, engagé comme narrateur. Celui de l'homme, de ses faiblesses, de ses espérances et surtout de sa cruauté désespérée et désespérante, présente tout au long des 2h58 de pellicule, endossée en fin de course par Grace et sublimée dans un incroyable générique de fin. Oui, c'est sûr, Dogville choquera, interrogera, divisera. Avec un nouveau prix à la clé ?

De jeunes talents à Cannes
Aure Atika, Sami Naceri, Sophie Quinton (au générique de Qui a tué Bambi ?, présenté hors-compétition), Barbara Schulz, Audrey Tautou, Sylvie Testud, tous ont été "Talents Cannes". Comme chaque année depuis 1994, le Festival accueille cette opération organisée à l'initiative de l'Adami (société chargée de percevoir, de répartir et de gérer les droits des artistes-interprètes, et de soutenir la création artistique), grâce à laquelle de jeunes comédiens talentueux peuvent émerger. Ainsi, les courts métrages (quinze au total), dans lesquels jouent ces 35 apprentis-acteurs, peuvent être vus en projection officielle (le lundi 19 mai) ou en avant-programme des films de l'ACID (pendant toute la durée du Festival).
Présentés à l'ensemble des professionnels du cinéma, ces petits films sont réalisés par Laetitia Colombani, la cinéaste de A la folie... pas du tout, et cinq acteurs passés derrière la caméra : Zabou Breitman (qui effectuait hier la montée des marches), Marina De Van, Francis Perrin et Laurence Côte, une habituée des longs métrages de Jacques Rivette. Ces derniers ont exploré, à travers trois courts chacun, le thème "Parlez-moi avec amour".


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